PESSA'H

LE MOIS DE NISSAN
Le mois de Nissan est le mois de la naissance du peuple d’Israël. C’est pourquoi selon les maîtres de la Michna, le premier nissan - le jour où D.ieu annonça à Moïse et Aaron la libération prochaine des Hébreux – est considéré comme un Roch Hachana «tête de l’année».

Ainsi au Roch Hachana de tichri qui rappelle la naissance d’Adam et Eve, couple géniteur de l’humanité, s’ajoute ce Roch Hachana de notre naissance, sans pour autant remettre les compteurs de l’Histoire à zéro. Car la vocation juive n’a de signification qu’au cœur de l’humanité même.

Si la sortie d’Avram (futur Abraham) de Ur en Chaldée marque le début de l’identité d’Israël au niveau individuel, la sortie d’Égypte marque la naissance de tout un peuple. Et c’est parce que D.ieu nous a libéré « d’une main forte et d’un bras étendu » que nous sommes devenus Son peuple, appelé à respecter la Torah et les mitsvot, qui constituent notre sagesse aux yeux des nations. Comme l’enseigne le Midrach, «le Saint, béni soit-Il, n’a pas libéré Israël durant l’hiver glacial ou durant les chaleurs étouffantes de l’été». Il a choisi le mois du printemps, ‘hodech haaviv. Durant ce mois la nature se réveille de sa léthargie, et Israël, par sa vocation spirituelle, devient printemps et espérance du monde.

INCIDENCES PRATIQUES POUR LE MOIS
- Durant tout le mois on ne récite pas les de Supplications (Ta’hanounim).
- Pas de jeûne volontaire. En ce qui concerne les jeûnes du mariage (avant Pessa’h), ou le jour du souvenir du deuil, les avis sont partagés, suivre la coutume locale.
- Aucune montée au cimetière.
- Certains lisent chaque jour un paragraphe de l’inauguration du Sanctuaire du désert (Nombres, chapitre VII en entier).

SOLIDARITÉ ENVERS LES DÉMUNIS
Tous les organismes sociaux et communautaires doivent se mobiliser pour se soucier des besoins des plus démunis, en offrant le nécessaire de la fête, ceci fait partie des lois dela fête de Pessa’h. Aussi le Consistoire de Paris encourage-t-il toutes initiatives allant dans ce sens, indépendamment de son propre engagement dans ce domaine.

BÉNÉDICTION SUR LES ARBRES EN FLEURS
Le mois de nissan est appelé dans la Torah le mois du printemps (‘hodech haaaviv). Les arbres fruitiers en fleurs nous donnent l’occasion de louer l’Éternel par la bénédiction qui convient (birkat hahodaha). Ce sont nos maîtres, les kabbalistes de Safed qui ont redonné à cette cérémonie toute sa valeur (comme ils l’ont fait pour le Nouvel an des arbres). Cette bénédiction se récite une seule fois par an durant tout le mois de nissan.

Quel type d’arbre ?
Deux arbres fruitiers en fleur, au minimum.

Où ?
De préférence en dehors de la ville, sinon dans une propriété ou un parc à l’intérieur de la ville.

En récitant la prière, chacun prendra conscience que de la même manière que l’Éternel fait sortir les fruits de l’arbre, il a fait sortir nos pères d’Égypte; et de la même manière que la qualité des fruits dépend du soin que nous apportons à leur entretien, de même nos vertus et nos bonnes actions dépendent de la qualité de nos intentions pour servir D.ieu.

Voici le texte de cette bénédiction :
BAROUKH ATA ADO-NAÏ É-LO-HÉNOU MÉLÉKH HA’OLAM CHÉLO ‘HISSÈR BÉOLAMO KELOUM, OUVARA VO BÉRIOT TOVOT VEÏLANOT TOVOT LÉHANOT BAHÈM BÉNÉ ADAM

« Tu es source de bénédiction, Roi du monde, Toi qui n’as rien fait manquer dans ton monde, Toi et qui as créé de belles créatures et de beaux arbres pour que les hommes puissent en tirer profit. »

Cette bénédiction de jouissance sera suivie de la récitation du psaume 148, qui est la louange de la création au Créateur.

Préparatifs avant Pessa'H
«On se doit d'étudier les lois de Pessa’h, 30 jours avant la fête, du fait de l'importance et de la complexité de ces lois».

Il est recommandé pour les hommes, femmes et enfants d'approfondir la connaissance des ces lois dont beaucoup ont des incidences pour la cacherout en général, et afin d'éviter de transgresser les règles de Pessa’h par ignorance. Les rabbins, dans les synagogues, sont là pour guider les fidèles, sans oublier qu’il existe de bons ouvrages en français sur la question, mais comme dit notre tradition rien ne vaut un contact avec les érudits, « et que tes yeux voient tes maîtres ! »

CHABBAT HAGADOL
C’est le Chabbat qui précède Pessa’h, et cette année, il lui est juxtaposé, puisqu’en quittant Chabbat, nous entrons immédiatement dans le temps de Pessa’h. Nos sages ont donné plusieurs raisons à ce titre de «Grand Chabbat», en voici quelques-unes :
- Pour les miracles survenus ce jour à la génération qui allait sortir d’Égypte.
- Afin de le différencier du 1er jour de Pessa’h appelé aussi Chabbat.
- En référence à la disparition de Myriam survenue le 10 Nissan.
- En souvenir du passage du Jourdain à l'époque de Josué qui eut lieu le 10 Nissan.
-  En raison de la haftara du jour tirée du dernier prophète d'Israël,  Malachie (III, 4 à 24) qui se conclut par l'annonce du "grand jour" de  l'Éternel.
- Du fait que le rabbin de la Communauté fait en général un long récapitulatif des lois de la fête.

LE JEÛNE DES PREMIERS-NÉS
En souvenir de la dixième plaie qui frappa l’Égypte et qui épargna lespremiers-nés hébreux, ceux-ci jeûnent la veille de Pessa’h. On peut se dispenser du jeûne en assistant à une séoudat mitsva (repas en l'honneur d'une mitsva), comme l’alliance de la circoncision (bérit mila), le rachat de premier-né (pidyon haben) ou un siyoum (conclusion d'une étude talmudique) généralement organisée par votre synagogue. La présence de la personne qui doit jeûner est exigée, et l'on ne peut déléguer une tierce personne.

A PROPOS DE LA MATSA
Il est interdit de consommer de la matsa (pain azyme) la veille de Pessa’h; on peut toutefois consommer de la matsa achira (enrichie en sucre).

LE 'HAMETS
Qu'est-ce que le 'hamets ?
On range sous cette appellation tout produit composé d'une des 5 espèces des céréales suivantes : blé, orge, avoine, épeautre, seigle, qui sous l'action de ferments, de la chaleur, ou de l'humidité subissent le processus de la FERMENTATION. Tout aliment, solide ou liquide, contenant un tant soit peu de 'hamets est lui-même interdit.

L'interdiction du ‘hamets
La Torah interdit à Pessa'h :
- de CONSOMMER du 'hamets, même en infime quantité
- de VOIR du ‘hamets nous appartenant ou d'EN POSSÉDER
- de TIRER TOUT PROFIT du ‘hamets.

Conséquences de l'interdiction du 'Hamets
L'interdiction de consommer du ‘hamets pendant Pessa'h entraîne la nécessité d'utiliser pour Pessa'h une VAISSELLE SPÉCIALE ou de procéder à la CACHÉRISATION DES USTENSILES cachérisables. L'interdiction de posséder et de voir du ‘hamets pendant Pessa'h entraîne l'obligation de le faire disparaître avant la fête.

Le nettoyage de Pessa'h
Il est nécessaire de commencer à s'occuper des prescriptions relatives à Pessa'h, un mois AVANT la fête. Aussi dès le lendemain de Pourim, on organisera le « grand nettoyage » de la maison pour se débarrasser du moindre résidu de 'hamets. Ce nettoyage revêtira les aspects pratiques suivants :
- parquets frottés, rainures explorées
- tapis battus ou « aspirés »
- armoires rangées, vêtements brossés, poches retournées
- disparition, cette année, avant le 12 Nissan au soir (17 avril) de tout aliment ou produit qu'il est interdit de conserver pendant Pessa'h (sauf ce qui est nécessaire au repas du soir et du lendemain matin et éventuellement au motsi de Chabbat).

                                  Sources : Consistoire

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